• Le charme discret des Finlandais

    Le charme discret des Finlandais, c'est une soirée thématique sur Arte, le jeudi 3 avril, de 22:25 à 01:30 (172mn).
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    Ca commencera par un documentaire au sujet du sauna, élément clé de la culture finlandaise. Suivra un documentaire dont je ne sais pas grand chose. Et enfin, un très bon film de Kaurismäki : Au loin s'en vont les nuages.

    Voila la présentation copié-collé du site d'Arte :

    Pays des forêts sans fin, des aurores boréales et du sauna, la Finlande est aussi le royaume du téléphone mobile. À l'occasion de l'ouverture de la saison culturelle finlandaise, ARTE met le cap au nord.

    22:25 - Sauna, les Finlandais l'aiment chaud
    (Finlande, France, 2007, 53mn)
    Résumé : Si l'idée de partager votre nudité avec des inconnus dans un bain de vapeur vous glace, acceptez cette invitation à découvrir l'art du sauna finlandais - et l'âme du peuple qui en est si friand.

    23:25 - Un Finlandais, un vrai...
    (Finlande, France, 2007, 29mn)
    Résumé : Le Finlandais est réservé et mélancolique, dit-on. Mais il est loin d'être dénué de sentiments, et encore moins d'humour et d'autodérision. Portrait de la population mâle de ce pays nordique.

    23:55 - Au loin s'en vont les nuages
    (Finlande, 1996, 93mn, VOSTF)
    Résumé : Un film "néoréaliste" sur le chômage, signé par le chef de file du cinéma finlandais. Sans pathos, énergique et burlesque!
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    Ce film de Kaurismäki est une des raisons qui m'ont poussé à venir en Finlande, car j'en ai adoré l'humour, la manière de vivre des Finlandais telle qu'elle était présentée.

    Le film regorge de scènes finement observées de la société finlandaise, on y voit les attitudes des Finlandais face à la vie, leurs manières si particulière de vivre ensemble, d'agir et de communiquer sans avoir à se parler, d'affronter avec un courage silencieux les difficultés de la vie, et avec un humour très décontracté.

    Il y a beaucoup de scènes extrêmement descriptives des Finlandais, et celle que je chéris entre toutes, c'est précisement une scène de déco : le mari et la femme sont assis sur leur canapé, ils contemplent en silence, avec une émotion rentrée, l'étagère vide qu'ils viennent d'acheter et d'installer dans leur logis. Et au bout d'un moment de silence contemplatif, le mari dit à sa femme, avec une sorte de fierté émue et une bonne dose d'humour finlandais, quelque chose comme : "Et un jour, on aura même assez d'argent pour acheter quelque chose à mettre dessus." Acquiescement silencieux de sa femme. Triste et drôle, poignant.

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    Le titre de ce film est tiré d'une chanson finlandaise remarquable de 1970, qui n'est pas un tango finlandais, contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, et qui a été écrite par Jani Uhlenius (musique) et Jarkko Laine (paroles). Vous pouvez l'écouter là : youTube - Pilvet karkaavat, niin minäkin, dans son interprétation originelle. J'espère que vous saurez distinguer, en dépit de la barrière de la langue, la chaleur, la tendresse et la tristesse de l'interprétation de Rauli "Badding" Somerjoki. C'est une ballade rock, comme le sont les meilleurs morceaux de Somerjoki.
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    De ce chanteur culte en Finlande, il y par exemple son premier album Muotokuva ("Portrait" en francais) dont on voit la jolie pochette ci-dessus (mais, musicalement, un peu trop rockabilly pour moi), et je recommande surtout cette compilation de la série Lauluja rakastamisen vaikeudesta, qui comprend presque tous les classiques.

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    "Pois kauas pilvet karkaavat, niin minäkin" : au loin s'en vont les nuages, eh bien moi aussi... Pour les Finlandais qui me lisent en France, voilà les paroles en finlandais... et un petit coup de nostalgie à coup sûr :

    En tiennyt, mitä sain kun tanssiin sinut hain.
    Soi biisi rytmikäs, sä sanoit: Lähemmäs.
    Jäi piiloon kaikki muu kun pilveen eksyi kuu,
    ja puisto hämärtyy ja löytyy jostain syy.

    Käy bändi tauolle, mä pyydän saatolle.
    Sä hiljaa naurat vaan, muut kääntyy katsomaan.
    Viel ilta kesken on, soi levy tauoton,
    on pakko odottaa kuin kuuta nousevaa.

    Mut kauas pilvet karkaavat, turhaan niitä tavoitat.
    Kauas pilvet karkaavat, niin minäkin.

    Mut kauas pilvet karkaavat, aivan turhaan niitä tavoitat.
    Pois kauas pilvet karkaavat, niin minäkin.

    En tiennyt, mitä sain kun tanssiin sinut hain.
    Kuin oisit muuttunut, et enää nauranut.
    Mä katsoin taakseni, kuu esiin purjehtii,
    sen loiste kimmeltää ja minut hämmentää.

    Sa seisot siinä vaan kuin kaunein kukka maan.
    Jos vielä hetkisen sua tarkkaan katselen,
    niin varmaan katoat kuin unet ihanat,
    ja haihtuu lumous, ei jää kuin kaipaus.

    Mut kauas pilvet karkaavat, turhaan niitä tavoitat.
    Kauas pilvet karkaavat, niin minäkin.

    Mut kauas pilvet karkaavat, aivan turhaan niitä tavoitat.
    Pois kauas pilvet karkaavat, niin minäkin.

    La seule traduction que j'ai trouvée sur le net, c'est celle là : http://www.kmatsum.info/suomi/laulu/Pilvet_karkaa.html
    Quand on sait que les ballades de Somerjoki sont très prisées par les Finlandais lors des karaokés, et que le karaoké est un élément notable dans les cultures finlandaise et japonaise, on se dit que ceci explique sans doute celà... c1d74d14f141eb1060ac7cf491e56f6c.jpg

    /Paul
  • Salon de discussion au schéma classique

    Le salon de l'appartement est structuré selon un schéma très classique: il y a deux canapés qui se font face, une table basse (parfois) entre les deux canapés, un tapis iranien richement décoré, et des cadres sont suspendus au-dessus des canapés.

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    Mais ce schéma classique est décalé dans notre monde moderne, car c'est un schéma qui ne s'ajuste pas à la télévision, et ces canapés d'un style ancien sont mal adaptés au vautrage !

    Le rêve moderne de luxe, tel qu'on le voit dans les pubs pour canapés des magazines d'intérieur, c'est d'avoir un canapé de grande taille en forme de L (ou encore mieux : en U), avec un écran plat face à la longeur du L. Par exemple, dans le dernier numéro de Marie-Claire Maison (avril 2008), on voit ca dans les pubs aux pages 10, 35, 43, 53 (Ikea), 65. Releguées aux pages 231 et 243 du même numéro, il y a des pubs pour de simples canapés rectangulaires.

    Mais revenons au monde réel. Je disais qu'il y avait une table basse dans le séjour, mais on ne la voyait pas sur la première image. On ne sort cette table basse que quand on a des invités : il y a alors besoin d'un espace "évident" pour poser des verres, des bouteilles, des amuse-gueules.

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    Quand on n'a pas d'invités, voilà où se trouve la table du séjour : accrochée à un mur du boudoir, à plus de deux mètres du sol.

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    Cette petite table (plateau et piètement) a été achetée au magasin Universum, à Tallinn. Elle a dû coûter dans les 40 euros, si je ne m'abuse.

    La plupart du temps, le tapis reste dégagé. C'est plus joli et plus commode pour passer. Si, allongé ou assis sur un canapé, on veut poser un verre, un yahourt ou un livre, on se sert des petits meubles qui siègent discrètement sur les côtés des canapés.

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    Le canapé rouge a été trouvé sur Huuto.net, l'équivalent finlandais de eBay. J'avoue qu'on ignore l'âge et la provenance de cet étrange canapé, mais en tout cas, on l'a emporté dans une vente aux enchères tendue, pour 400 euros !

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    Le canapé vert est un don de la mère de ma femme. C'est un vieux canapé dans le style chippendale qu'elle tenait de ses parents, et qu'elle a fait restaurer.

    Souvent, ma femme ou moi se pose sur l'un des canapés, et l'autre rejoint en papillonant sur le même canapé ou sur celui qui fait face. Dans ce dernier cas, on discute par dessus le tapis, un canapé pour chacun.

    Permettez-moi de toucher un mot au sujet du tapis, mais excusez-moi d'avance si vous en trouvez le prix injustement exagéré ou hors de votre budget. C'est un isfahan de format dozar : [2m55] x [1m50-1m56]. Il daterait des années 1940, d'après le couple qui tient la très bonne boutique Pazyryk où il a été acheté. C'est donc ce qu'on appelle un "semi-antique" (entre 50 et 100 ans). Il est laine-sur-coton, coloré avec des teintures naturelles (si je ne me trompe pas).

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    Le motif est dans le style safavide avec un schéma doublement symétrique, centré autour d'un médaillon à pendentifs. Le champ et les écoinçons (ou poinçons) sont à motif floral, sur fond bleu clair, marqué par un abrash au milieu. On l'a acheté en novembre 2004, on ne s'en lassera jamais !

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    Ce qui fait le prix, 2000 euros après négociation, d'un tel tapis, c'est sa qualité originelle, son très bon état de conservation, son très bon équilibre de couleurs (c'est selon moi LA grande qualité des isfahans par rapport aux tapis de la même gamme), son bon équilibre des formes, son "caractère". Avec ce dernier critère, on entre dans le subjectif, et c'est tout naturel, car ce qui en fait le prix, c'est aussi le regard du connaisseur et du collectionneur, aux yeux desquels un tel tapis se range définitivement dans la catégorie des (très) bons tapis... même si c'est un tapis d'entrée de gamme !

    Un isfahan neuf de bonne qualité et de cette taille-là, ca coûte dans les 4000-7000 euros...! La qualité peut d'ailleurs être tout à fait supérieure à celle de notre tapis, car les ateliers de la ville d'Isfahan produisent de superbes tapis de nos jours. J'ai d'ailleurs vu (et touché) au grand magasin londonien Liberty, des isfahans d'une qualité incomparable, d'une surface quatre fois plus grande (genre 5m sur 3m), qui chiffraient à 65 000 livres sterling (100 000 euros).

    Les tapis orientaux, c'est un condensé de culture. Si, en regardant un superbe tapis au sol (isfahan, naïn, kashan, kerman, tabriz...) vous avez soudain l'impression de vous trouver pile sous la coupôle d'une mosquée, les yeux pointés en l'air vers le centre culminant de la coupôle, ce n'est pas un hasard. Ou alors, en forcant à peine l'imagination, vous pourrez voir les fleurs bouger sous le vent ou flotter sur l'eau, vous pourrez entendre les chants du muezzin, voyager dans le temps. Les tapis caucasiens ou turkmènes vous amèneront, eux, d'autres pensées, d'autres horizons, d'autres histoires.

    La touche finale du salon "classique", c'est les cadres sous verre au dessus des canapés... et effectivement, il y en a chez nous. 

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    Mais comme on se permet tout dans notre appart, et qu'on l'assume, je vous présente maintenant ce qui sort complètement des canons de la mode, et qui rend tout à fait chaleureux et personnel le schéma classique du salon.

    Au dessus du sous-verre, on a installé et enguirlandé un cadre de fenêtre en bois, finlandais et des années 1930.

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    Près du canapé vert, il y a une statuette, achetée au magasin Indiska, et qu'on suppose de Bali.

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    Le truc vert qui pendouille le long de l'étagère, c'est une étole authentique du XIXe siècle. Elle se marie tout à fait avec le canapé, non ? Ca habille un peu l'étagère-bureau-ordi, et ca peut servir de déguisement.

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    Mais n'allez pas croire qu'on a fait un casse dans une église abandonnée ! L'étole a été dénichée du côté des antiquaires de Saint-Ouen, dans une boutique spécialisée en bondieuseries, et dont la vénérable tenancière était très sympatique. On a dû payer le vieux cadre de fenêtre dans dans les 40 euros, il y a quelques années, lors d'une foire d'antiquaires. Le cadre de fenêtre est posé dans un "vide" du mur entre la cuisine et le séjour.

    Sur les autres murs, on voit surtout de grands tissus indiens.

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    Le grand tissu à fond clair vient d'Indiska (encore et toujours ce magasin !!). Il mesure 3m x 1m70, et nous a coûté 20 euros lors des soldes de l'été dernier. Il représente un arbre, dont la base est masquée par le canapé rouge, ce qui ne me gêne pas, car, justement, je ne trouvais pas la base très réussie !

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    Le tissu vert en forme de pont vient d'une boutique indienne "typique" de la rue du Faubourg Saint-Denis, juste à côté de la rue Cail, dans le 10e arrondissement de Paris. Les motifs sont très naïfs, touchants. Il mesure plus de deux mètres de long, et tient parfaitement entre le mur et la colonne du séjour. Hum, il a dû coûter environ 60 euros, si je ne me trompe pas.

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    Il y a une débauche de tissus dans ce séjour, qu'ils soient au sol comme le tapis, aux murs, le long d'une étagère, sur les canapés et les coussins, ou même tendu au plafond. En tout cas, je suis très heureux du tissu indien en forme de pont qui unit les deux canapés et donne un air mi-bazar, mi-mystique. Le côté mystique du tissu est accentué par la statuette à la pose religieuse.

    Cette organisation du séjour selon un schéma "classique" convient, car il n'y a pas de télévision dans cette pièce ! On y vit sans le brouhaha du poste. On s'y parle, on y lit, on y écoute de la musique, on y surfe sur le web. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de télévision dans tout l'appartement : le seul poste de télévision, dans le deuxième salon, n'est pas connecté à l'antenne (on n'a même pas de digibox !), c'est un poste qui ne permet que de voir des DVDs, d'écouter des CDs, de faire du karaoké.

    Petit apparté, je peux caser ici deux petits détails de la vie finlandaise pour ceux que ca intéresse. Depuis le 1er mars 2008, brancher la télé à l'antenne de l'immeuble est désormais insuffisant en Finlande ; il faut maintenant être équipé d'une digibox pour recevoir la moindre chaine, même celles du service public. Deuxième petit détail souvent méconnu ou mal compris de la vie finlandaise : le karaoké est un passe-temps très populaire en Finlande, comme au Japon, mais différemment.

    Enfin, avez-vous remarqué que, d'une extrémité à l'autre du salon, l'assise est graduellement de plus en plus basse (ou de plus en plus haute, si on part de l'autre extrémité) ? C'est un choix qui s'est fait naturellement, instinctivement.

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    À un bout du salon (à droite sur le plan juste au dessus), on est assis sur des chaises à hauteur de table (cf la rubrique Là où on passe à table). Au milieu, on est à hauteur de canapé et de table basse, avec la possibilité de glisser sur le tapis qui y invite. Enfin, à l'autre bout (cf la rubrique Là où on sociabilise), à gauche sur le plan au dessus, on ne peut que s'assoir à même le sol, sur des coussins indiens et un tapis afghan.

    Les enfants adorent le coin bas, les gens "gros" préfèrent la table où on s'assoit (afin de pouvoir se lever sans trop de peine), mais pour le reste de l'humanité, les préférences sont tout à fait partagées, pas vraiment prévisibles, et varient selon l'activité, l'humeur, et la compagnie.

    Voila, j'espère que ce coin sociable de l'appartement vous a donné des idées ou des pistes décoratives à explorer ! Et j'espère que vous vous y êtes senti à l'aise.

    /Paul

La dolce vita à Helsinki, dans un appart de 91m2, situé dans le quartier bohème de la ville